Le rendez-vous.

Bon, bon bon.

L’année ne s’est pas totalement déroulée comme prévue.

J’avais écrit un premier jet, beaucoup plus sombre que celui que tu vas lire. Je vais quand même le laisser en bas de page. Tu en feras ce que tu veux d’accord ?

Pour mes 26 ans, on a fait une soirée. Avec des proches, ma famille québécoise vois-tu. Et on a commencé à 4, avec mes incroyables colocs et une pièce rapportée. On a parlé un peu avant que tout le monde arrive. Les points positifs de l’année, nos objectifs, notre fierté.

Bah ma fierté ce sont mes proches, mes relations avec les autres. Ca peut paraître surfait et cliché. Mais du haut de mes 26 ans, pourtant, ce que j’ai l’impression d’avoir le mieux construit, ce sont mes relations avec vous.

Mon objectif c’est de continuer à m’ouvrir, à apprendre. J’aimerai aussi moins anticiper de manière pessimiste et vivre plus au jour le jour.

J’ai pas envie de me lancer des fleurs. Mais je vais essayer d’être objective.

Je suis extrêmement bien entourée. Peut-être parce que je donne beaucoup, peut-être parce que je le mérite, je ne sais pas, mais vous êtes les plus belles choses que j’ai depuis toujours.

J’ai des ami.e.s qui sont à mes côtés depuis plus de 22 ans, que je n’appelle pas tous les jours, mais dès qu’on est à la même place, c’est comme si rien n’avait changé. J’ai des ami.e.s qui sont entré.e.s dans ma vie depuis moins de 2 ans, et pourtant j’ai une confiance aveugle. Chacune des rencontres me fait grandir. J’ai du mal à voir le négatif chez les gens. D’autres personnes que je n’ai pas vu depuis plus de deux ans continuent de me lire, de m’envoyer des messages, de m’envoyer des nouvelles. C’est incroyable d’être entourée comme ça et de se sentir soutenue.

Probablement que les personnes qui m’ont fait le plus réfléchir sur moi-même sont les deux meilleures personnes que j’ai rencontrées ces derniers temps.

Et ce sont mes colocs. Tu sais vivre avec quelqu’un h24, ça peut être éprouvant. Et pourtant. Je n’ai jamais eu autant de bienveillance avec des personnes. On se dit tout ce qu’il faut se dire, on montre nos faiblesses et nos forces. On fait comprendre aux deux autres que ce qu’on voit en nous comme notre plus grand défaut sont enfaite nos plus grandes forces.

Ça sonne peut-être bizarre de parler de ça comme un bilan de l’année, de mon année de mes 25 ans, mais t’as déjà trouvé quelqu’un qui te fait te remettre en question, de manière positive ? Mes colocs sont les femmes les plus fortes que je connaisse. Vivre avec elles m’apprend tellement et me permet de m’aimer plus. C’est le plus beau cadeau qu’on puisse me faire.

Si je devais résumer 2020 avec vous, les voyages autour de la terre n’ont pas été vraiment au rendez-vous, mais l’introspection et la découverte de soi a été si importante que je ne peux que saluer cette année. Au départ je ne pensais pas m’être épanouie (y’a qu’à lire la suite de l’article). Mais plus j’y réfléchis, plus je trouve que c’est totalement faux.

Reprenons.

Si j’écris tous les ans, c’est pour voir mon évolution, avoir des souvenirs de chaque année et surtout prendre du recul sur les choses. J’ai eu énormément d’angoisses cette année, beaucoup de doutes, beaucoup de remises en question. La seule chose sur laquelle je n’ai jamais douté c’est la confiance et l’amour que je porte aux gens.

J’ai commencé un boulot il y a peu. Ce n’est pas non plus le boulot de ma vie hein. Mais en seulement un mois, j’ai rencontré plein de nouvelles personnes, de nouvelles têtes, de nouvelles façons de penser, de travailler. Tu sais ce qui m’a choqué ? C’est qu’en un mois, les personnes avec qui je travaille se souviennent de mon prénom (on est une 60taine au boulot), elles m’encouragent, et elles me disent qu’elles aiment travailler avec moi. Ça peut paraître insignifiant. Mais ça me montre que les gens me rendent l’attention que je leur donne.

On ne pourra jamais nous reprocher de faire attention aux autres, on ne pourra jamais nous reprocher de trop donner. Et chacune des personnes que je rencontre, m’apprend quelque chose. Et c’est sûrement ça que 2020 m’a appris : tu n’es pas obligé.e d’être aimé.e par tout le monde, mais aime tout le monde, même si ça fait bisounours, et tu apprendras bien plus sur toi même que ce que tu peux le penser, et probablement que ça te donnera un peu plus confiance en toi.

Je t’ai raconté sur les autres articles le déroulé des moments forts de mon année. À chaque fois, les personnes qui m’entourent reviennent sous forme de force. C’est peut-être ça mon truc, de puiser ma force dans mes amitiés. Et au final, c’est la plus belle chose. Je suis très chanceuse, je tombe que sur des personnes bienveillantes, mais eh, la loi de l’attraction : on attire les personnes et les choses auxquelles on porte de l’attention et de l’importance.

Le rendez-vous, premier jet (pas forcément le plus fun).

On va dire que c’est un article que j’écris pour vider mon sac. T’es d’accord ?

Je t’ai laissé le 13 décembre dernier avec plein de joie, de positif. J’avoue que là, 2020 ça n’a pas été la fête tous les jours.

Niveau boulot, niveau argent, niveau vie sociale, niveau sentimental. Non vraiiiiiment, pas ce que j’attendais.

Commençons par le boulot. Après le rapatriement de Guinée, j’ai réussi à finir mes études force de négociations et de longs échanges de courriels. J’ai été diplomée, puis ça a été remis en question, et finalement je n’ai plus entendu parler de mon université depuis, donc apparemment, c’est réglé : j’ai un Bac +5, qui à ce jour ne me sert à rien. Youpi.

Oui, non parce que, actuellement, je vends des chandelles et des savons à mains dans une boutique. Autant dire pas mon dream job, mais faut bien payer les factures, et faute de trouver dans mon domaine, faut s’adapter. Je suis toujours à la recherche d’un taff en DIAH, et la question de revenir en France travailler en tant qu’IDE m’a traversée l’esprit maintes fois ; mais au final, j’ai (enfin) mon permis de travail post diplôme. C’est parti pour 3 ans au Québec les p’tits pot’s !

Sinon, que te dire d’autre sur 2020. J’ai trouvé des colocs incroyables. Vraiment. Ces filles là. Si tu savais. On ri autant qu’on mange et qu’on dort (dans une maison de burritos, je te jure ça prend du temps de manger et dormir). On s’est fait un chez nous que tout le monde aime et on s’y sent si bien (peut être un peu trop vu le temps qu’on passe dans notre maison).

Evidemment, le COVID. Vraiment on va en parler ? Non.

Prenons plutôt ce qu’il nous a fait réaliser (ou confirmer) :

J’ai besoin de sortir et décompresser ça c’est le point essentiel. Et le lien que j’en fais avec ça c’est que j’ai « trop » besoin de soirées et d’alcool pour ça. M’assommer avec de la musique forte, de l’alcool… Va peut être falloir que je trouve une chose plus saine pour le remplacer (ne dis pas le sport s’il te plait mon chou, change de disque et sois original).

Ensuite, je peux en parler maintenant que s’est passé. Mais sentimentalement, j’ai réussi à faire confiance en 2019, mais en 2020, autant dire que le peu de bénéfice de ces relations s’est tout rebarré. Janvier je pleurais, j’ai perdu le peu de confiance que 2019 m’avait apporté. Février j’ai haï. Mars j’ai relâché. Juillet, la déception était bien présente. Je peux le dire, j’ai perdu pas mal d’estime et confiance en moi et en les autres aussi d’ailleurs.

Puis au final, j’ai réalisé que fallait que je me respecte, que je m’aime un peu plus. La seule personne qui va vivre avec moi jusqu’à la fin de mes jours, bah ça reste moi quand même. Just me myself and I (ce qui soit dit en passant, et déjà très compliqué à gérer, donc n’amenons pas de la merde avec une tierce personne s’il vous plait). Et en confinement c’est encore plus vrai ! Donc se suffire à soi-même est un bon objectif pour 2021.

J’aimerai devenir cette acharnée de travail, qui s’en balec. Vraiment.

J’ai pas encore trouvé comment shut down mes émotions (surtout que j’avais pas la musique forte et les soirées pour le faire). Tu sais c’est un truc auquel je pense tous les jours. L’hypersensibilité me bouffe la vie. Peut-être un jour je t’en parlerai un peu, et je te dirai ce qu’on ressent quand on est hypersensible. Des fois je me lève et la seule chose que je veux faire c’est m’enterrer sous la couette parce que je sais que la journée va être douloureuse et trop compliquée à gérer. Ce genre de matin ou tu te réveilles en pleurant, angoissant, alors que rien ne s’est passé. Mais t’as l’impression d’être vidée de toute énergie et que ce sont l’anxiété et la remise en question qui ont pris la place.

J’aimerai te dire des choses positives.

Mais j’ai l’impression que je suis la même que l’année dernière, en plus terne, en plus pessimiste, en plus triste. J’ai 26 ans. Et j’ai une douleur qui me suit depuis mes 12 ans. Elle s’était un peu estompée depuis 3 ans. Mais là, j’ai l’impression de la trainer dans mes valises (enfin valises… Tout est relatif vu que les voyages sont pas de la partie).

J’aimerais te dire que 2021 ça ira mieux. Mais j’en sais foutre rien.

Cette année est dure. Vraiment. Émotionnellement, socialement, financièrement. J’peux pas dire que ça a été une année épanouissante. Et c’est probablement la même chose pour chacun d’entre nous, hein. Je pense que le COVID a énormément affecté tout le monde. Pas tant par la peur et la maladie, mais par ses répercussions. Qui n’a pas craqué cette année ? Qui a tenu bon, qui a gardé autant de positivisme qu’en 2019 ?

On a été loin de nos familles, loin de nos ami.e.s, loin de nos passions, loin des voyages, loin des libertés, loin de nos objectifs, loin de notre travail.

Mais cette détresse. On l’a tou.te.s eu ou vu. Elle nous suit depuis mars. Et j’aimerai que ça s’arrête. J’aimerai être avec vous en ce temps des fêtes, à vous serrez dans les bras, voir vos sourires qui se sont cachés depuis si longtemps. J’suis en manque de tout ça.

2020 m’a peut être fait réaliser que j’étais capable de m’adapter, mais à quel prix ? Qu’est ce que 2020 t’as appris ?

Je me souviens du jour de mes 25 ans.

Ca n’a pas rapport avec aujourd’hui. Mes 25 ans en résidence, avec les personnes que j’ai rencontré durant mes 2 dernières années au Québec, avec une bouteille de vin, un gâteau au chocolat, des conffetis, du monde, de la musique (et un mec de la sécu qui disait que la musique était trop forte), des inconnus qui me souhaitaient une bonne fête, des embrassades, et pas d’angoisses notables.

Après, j’essaie. Je cherche toujours du travail, je rencontre des gens autrement, je vous appelle, j’essaie d’être toujours là. Mais j’crois que 2020 en est venu à bout de nous. Et j’aimerais que sa grande soeur fasse plus attention à nous. Alors, s’il te plait 2021, prends soin de nous. Parce que sinon plus personne ne voudra accueillir la suite.

PS : je suis en retard de 1 an et demi pour mon article de la Gaspésie. Un jour ça arrivera !

PPS : Merci si vous avez lu jusque là.

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